POLITOLOGUE #1 : ALGÉRIE ET BOUTEFLIKA, MARIAGE INTERROMPU ?

Par Quentin-Mathéo Pihour

Qui est Abdelaziz Bouteflika ?

C’est l’actuel Président de la République algérienne démocratique et populaire, et ce depuis le 27 avril 1999. Il a été successivement Ministre de la Jeunesse, du Sport et du Tourisme (1962-1963), puis Ministre des Affaires Étrangères (1963-1979). Ayant contribué au coup d’état de 1965 (qui a causé la chute du Président Ahmed Ben Bella), il est nommé Ministre Conseiller du Président de la République (1979-1980). Cependant, il est écarté du pouvoir et contraint à l’exil en 1981, étant accusé d’extorsion de fonds. Revenu à la vie politique dans les années 1990, il remporte à la surprise générale les élections de 1999 en tant que candidat indépendant. Son mandat a depuis été renouvelé en 2004, en 2009 et en 2014.

Pourquoi est-il vivement critiqué aujourd’hui ?

Abdelaziz Bouteflika a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013, qui l’a considérablement marqué ; il souffre de problèmes d’élocution, et sa mobilité à été grandement réduite. À un tel point qu’il n’a pas fait d’apparition publique depuis… De fait, sa capacité à gouverner le pays a souvent été remise en question depuis 2014 : c’est cet argument qu’avancent aujourd’hui ses opposants politiques.

En quoi cette situation est-elle inédite ?

La confrontation n’avait jamais été aussi frontale, et apparente. Depuis l’annonce de sa candidature pour un 5ème mandat, le 10 février dernier, le pays est témoin de nombreuses manifestations de protestation, notamment dans la capitale, Alger. Ce mouvement spontané, qui a vu manifester plusieurs milliers de personnes, notamment les étudiants algériens, n’inquiète cependant pas le gouvernement. Cité par le journal Le Figaro, le Premier Ministre Ahmed Ouyahia a rappelé que “[…] par le passé, l’État [avait] prouvé qu’il [savait] maîtriser la rue.

Toutefois, les méthodes auxquelles il fait référence sont pour le moins discutables : mesures d’urgence, corruption et répression de l’opposition, mesures d’urgence, manœuvres “en sous main” pour déstabiliser les mouvements contestataires… Si ces tactiques ont fait leurs preuves durant les troubles de 2001 (le “Printemps Noir”), de 2009 (importante grève des fonctionnaires) ou encore de 2014 (manifestations contre l’exploitation de gisements de gaz de schiste faisant courir un risque environnemental à la nappe phréatique de l’Albien), leur efficacité n’a pour le moment pas été vérifiée.

Qu’en pensent les spécialistes ?

D’après les propos de Rachid Tlemçani, professeur des universités en relations internationales et sécurité régionale (cité par Le Figaro) :

“Le cinquième mandat aura lieu, très probablement. Bouteflika remportera le scrutin avec un score inférieur à celui de 2014”

Toutefois il craint aussi, à la lumière du climat socio-politique actuel, que l’Algérie ne bascule “[…] dans un virage plus dangereux que celui des années 1990.

Interrogé par RTL, le journaliste algérien Mohamed Sifaoui explique :

« Selon toutes les informations que j’ai collectées, il [Bouteflika] est dans l’incapacité totale d’exercer une mission de président de la République.”

Durant l’interview, Sifaoui explique toutefois que Bouteflika n’est pas à victimiser (du fait de sa fragilité physique) et qu’au contraire, “[…] c’est lui le responsable.


Sources :

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