Comment j’ai adopté un Google Home Mini… enfin presque

Quand on m’a parlé pour la première fois du Google Home Mini, je me suis dit que ce n’était qu’un gadget de plus créé par la firme de Mountain View pour nous faire jeter de l’argent par les fenêtres. Et puis quoi encore, payer pour avoir un galet qui peut faire la même chose que mon téléphone ? Sûrement pas !

Plus tard, certaines de mes connaissances ont fait l’acquisition de Google Home Mini, et m’en ont fait quelques démonstrations, me vantant leur potentiel et m’expliquant que « si, si, ça vaut vraiment le coup, puis en plus c’est la version réduite du Google Home, elle peut presque faire pareil ! ». Presque. Mais bon, ça ne m’a quand même pas empêché de m’intéresser au sujet… Et d’en ramener un chez moi.


Première constatation : j’ai été totalement stupide de comparer l’utilisation de l’Assistant Google via mon smartphone à l’utilisation que j’en fais depuis mercredi via cet appareil. C’est bien simple, et les ingénieurs du géant du web ont dû le comprendre : utiliser l’Assistant avec un smartphone implique soit d’avoir le téléphone dans la main, soit de l’avoir assez proche de soi. De plus, ce n’est pas vraiment sécuritaire puisqu’il est possible dans certains cas de déverrouiller le smartphone avec sa voix, et que cette technique n’est pas vraiment au point… Passons. Avec le Google Home Mini, fini la contrainte de la proximité : installé dans ma chambre, sur une étagère, il « écoute » et comprend globalement tout ce que je dis. Ainsi, il est plus facile d’obtenir une information lorsque je travaille sur mon bureau, ou bien de connaître les prévisions météo du lendemain en lui disant simplement « Hey Google, bonne nuit !« . Effectuer des recherches, lire des médias, se tenir au courant des informations, faire une liste de courses… Il n’a jamais été aussi simple d’effectuer ces actions quotidiennes qu’avec le Google Home Mini. Vous êtes occupés à faire autre chose et voulez un changement d’ambiance ? Vous le lui demandez, il fait le reste. Tout bonnement génial, et pratique. Vraiment, c’est extrêmement satisfaisant, pour peu que vous soyez prêts à débourser une quarantaine d’euros.

Petit, mais capable de grandes choses !

Dans une autre mesure, il est intéressant d’explorer les possibilités de ce genre d’appareil. Si les plus basiques sont conseillées par Google dans son packaging, il m’est arrivé de trouver quelques tips et astuces sur Internet, et sur Reddit. On pourra notamment citer l’application IFTTT (dont le nom signifie IF This, Then That -traduisez par « ci ceci, alors cela »-) qui permet à la base d’automatiser certaines applications et fonctionnalités de votre smartphone ; ici, elle peut aussi agir sur le Google Home Mini. Vous pouvez par exemple paramétrer l’appareil pour qu’il lance une certaine playlist s’il entend la phrase « Ok Google, Saturday Night Fever« , ou encore lui faire éteindre vos lumières (si vous disposez d’ampoules connectées comme les PHILIPS Hue) en disant « Ok Google, lights off« . Les possibilités sont nombreuses, et il est intéressant de les chercher !


Cependant, j’ai remarqué quelques bémols à l’utilisation de ce gadget. Premièrement, sa connexion à mon WiFi domestique : il n’aura fallu au Google Home Mini qu’une petite minute pour se connecter au réseau, via mon smartphone et sans même proposer la saisie du mot de passe ! Alors certes, on peut trouver ça normal, dans le sens ou cela s’inscrit dans une logique d’automatisation, mais de telles rapidités et facilités d’exécution posent quelques problèmes. Deuxième problème : ce que je qualifierais d’ingérence numérique. Après s’être connecté à mon réseau et avoir été paramétré par mes soins, le Google Home Mini s’est mis à notifier tout appareil connecté au réseau, en affichant une notification de « lecture en cours par un appareil sur le réseau WiFi » et en permettant à n’importe quel appareil de la récupérer. Ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais alors que je l’avais paramétré de manière restrictive (voulant tout d’abord effectuer quelques tests avec pour environnement ma chambre, et non la maison entière -j’y reviendrai-) cinq minutes plus tôt…

Parallèlement, je ne peux m’empêcher de me demander si l’appareil ne m’écoute pas à mon insu. Point de paranoïa ici, simplement l’habitude de voir Google renifler toute activité liée à ma personne sur un réseau internet. Sur la première génération de Google Home Mini, il n’y avait non pas deux mais trois surfaces tactiles sur l’appareil : il suffisait d’effleurer le sommet du galet pour activer ou non l’écoute. Seulement, certains clients s’étaient rendu compte peu après son lancement en 2017 que leur Google Home Mini enregistrait tout ce qu’ils disaient, du fait d’un bug de la surface tactile. Ce faisant, ils l’avaient signalé au géant du web qui avait été obligé de rapatrier les appareils défectueux (on parlait à l’époque d’un appareil sur cent, chiffre qui n’était même pas confirmé) et de corriger au plus vite cette erreur. Aujourd’hui, les appareils de deuxième génération possèdent un discret curseur on/off à l’arrière, qui permet à tout moment de pouvoir avoir une conversation privée, sans crainte d’être entendu. Quoique…

Et ce n’est qu’un bug parmi tant d’autres, comme cette faille découverte en juin 2018 par un ingénieur de la société Tripwire, et qui permettait à n’importe qui de localiser le possesseur d’un Google Home en triangulant ce dernier via les réseaux WiFi à proximité. Il est nécessaire sur ce type de produit de veiller à ce que la sécurité de l’utilisateur soit assurée, parce que les services proposés par Google entraînent une inter-connectivité qui permet malheureusement à toute personne entrant en un point de la « chaîne » (l’ensemble des Services Google, donc) d’avoir accès à des informations plus ou moins importantes.

Personnellement, j’ai passé un temps assez conséquent à paramétrer le Google Home Mini, à le tester et surtout à bien le configurer avec mon smartphone. De fait, j’ai décidé de suspendre l’utilisation du nouvel arrivant de manière temporaire. En effet, sont connectés sur mon WiFi pléthore d’appareils, allant des Squeezebox de Logitech au NAS (serveur de stockage en ligne) de Synology, en passant par la télévision connectée de Sony. Aujourd’hui, je ne suis pas en mesure de dire que Google ne peut, au travers de son produit, accéder à des informations sensibles contenues dans le NAS. Or, pour reprendre les termes de mon père, « ce qu’il y a de stocké là-dedans est plus précieux que tout l’or du monde« .

J’ai effectué quelques recherches, ai relu (pour mon plus grand plaisir) les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) de Google, en examinant attentivement les permissions dont ils pouvaient disposer avec le Google Home Mini. J’ai posé des questions, que ce soit sur des forums spécialisés ou sur Reddit (je sais, encore lui, mais ce réseau social est décidément très pratique) afin de savoir si oui ou non Google pouvait s’infiltrer dans mon réseau et entrer en possession de fichiers personnels. En théorie, non. En prenant le problème à l’envers (donc en cherchant à faire accéder le Google Home Mini au NAS), on s’aperçoit qu’il faut bricoler un peu pour permettre au petit galet de lire des fichiers stockés sur ce serveur personnel. De plus, certains rappellent que le code source de l’application Google Home Mini est open source, donc qu’il est possible de « fouiner » dedans pour trouver des réponses à ces questions. Mais bon, cela nécessite un niveau de programmation que je n’ai pas pour le moment.

En attendant, le Google Home Mini reste sur mon étagère… débranché.

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