CONFINEMENT. Violences conjugales en hausse

Le 25 novembre, a lieu la journée internationale de lutte contre les violences conjugales. L’occasion de rappeler que, chaque année, 220 000 femmes sont brutalisées par leur (ex) conjoint.


Toujours pas de mesures

Elles étaient 150 en 2019, elles sont déjà 82 en 2020. ​Si l’on compare avec les chiffres de l’année dernière, nous pourrions vite penser que les violences conjugales ont diminué cette année. Et pourtant. ​Avec le confinement, les violences intra-familiales ne font qu’augmenter; face à cette problématique, peu​ de mesures sont mises en place. ​Les chiffres le démontrent : les signalements ont augmenté de 32 % en zone rurale et de 36% en zone d’agglomération lors du premier confinement. Aujourd’hui,​ le​ nombre de victimes pourrait augmenter si le confinement venait à se durcir ou à se prolonger. Plus les restrictions actuelles perdurent, et plus la situation est oppressante et dangereuse.

Même si depuis ​le grenelle,​ 3​5 000 gendarmes ont été formés​ à la prise en charge des signalement et plaintes et que les soignant.e.s sont autorisés à faire des exceptions au secret médical en cas d’état de danger, dans certaines régions, c’est un plus gros problème qui se pose. Laura*, seule psychologue pour les victimes de violences conjugales dans sa région a été placé sous chômage technique.

 » C’est inadmissible, c’est juste purement économique. Je ne sais pas comment les femmes que j’accompagnais vivent le confinement. Elles peuvent appeler le 17, le 3919 ou le 119, mais est ce qu’elles le feront? »

Laura*, psychologue

Pour les femmes et les enfants, c’est un véritable enfer. La justice marche au ralenti. « Certaines mères ont prévenu des agressions sexuelles que leur compagnon avait infligé à l’enfant avant le confinement. Désormais, les affaires sont suspendues. Je ne sais pas du tout ce qu’il en est de ces personnes. » explique la psychologue.

La fatigue militante

Si les féministes ne peuvent plus dénoncer ces violences dans les rues avec les collages et dans les manifestations, elles le font sur les réseaux sociaux. Le site ​l’Importante,​ partage les articles mettant en avant les demandes de dons des fondations. Mais, avec les peu de mesures mises en place, les victimes demandent bien plus souvent de l’aide aux militantes féministes qu’à la police. Une situation épuisante et angoissante pour ces dernières, qui s’efforcent de sensibiliser et de conseiller les victimes.

L’écrivain et femme politique Caroline de Hass en témoigne elle-même sur Twitter : les sollicitations de victimes sont très nombreuses et témoignent d’un manque de communication et de sensibilisation des autorités compétentes.

« Un message comme j’en reçois presque chaque jour » – Crédit : Caroline de Haas (@carolinedehass) sur Twitter

Et si les militantes dénoncent cela, c’est aussi pour faire réagir le gouvernement. Ce n’est pas à elles d’avoir ce rôle mais bien aux institutions judiciaires et policières, qui malgré les formations mises en place par le grenelle, re​fusent toujours les plaintes des victimes.

Jade Duong

*Par précaution, le nom a été anonymisé.

NUMÉROS D’AIDE POUR VICTIME OU TÉMOIN 3919

Par appel téléphonique, contactez le 17 (police et gendarmerie), le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers).

Par SMS, envoyez un message au 119 (Allô Enfance en Danger) ou au 114 (numéro d’urgence pour personne sourde ou malentendante).

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