Vaccin is the new hoax !

C’est officiel, la campagne de vaccination contre le COVID-19 a été lancée le 27 décembre dernier par les autorités sanitaires françaises. Les pensionnaires et le personnel soignant de deux structures hospitalières pour personnes âgées à Sevran et Dijon ont été les premier.ère.s à pouvoir bénéficier du vaccin développé par Pfizer et BioNTech. La campagne de vaccination doit se déployer cette semaine dans une dizaine d’établissements en région parisienne, mais aussi lyonnaise et lilloise. D’autres pays européens, comme l’Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie avaient déjà démarré les vaccinations le 26 décembre.

En France, c’est Mauricette M. , 78 ans qui a été la première à pouvoir bénéficier d’une vaccination, à l’hôpital René-Muret de Sevran. L’événement était bien entendu immanquable pour les chaînes de télévision, et l’opération a été retransmise en direct sur le petit écran. Mais voilà, une seule petite phrase prononcée par la septuagénaire va déchirer les passions et donner du grain à moudre à de nombreux internautes, complotistes ou non. Alors que l’infirmière s’apprête à vacciner Mauricette M., celle-ci semble en effet dire “Ah, il faut faire un vaccin ?”.

Une nouvelle pièce dans le juke-box des fake news

Ni une ni deux, des dizaines d’internautes partagent l’extrait vidéo sur les réseaux sociaux, et s’enclenche alors une bataille pour savoir si la patiente a oui ou non prononcé cette phrase. Mais au-delà de savoir ce que Mauricette M. a réellement dit, se cache en creux la délicate question du consentement des personnes âgées dépendantes à la vaccination. Et c’est l’un des nombreux arguments utilisés par les fervents défenseurs du “AIFFUV” (“Ah, il faut faire un vaccin ?”, j’adore les sigles) : selon eux, la septuagénaire n’était pas consciente qu’elle allait être vaccinée et n’avait pas donné son accord

La théorie est décidément aussi complexe que la seconde phrase… – Crédits : François Asselineau (@UPR_Asselineau) sur Twitter
C’est vrai que quitte à prendre des cobayes, autant ne pas choisir les volontaires. – Crédits : Jean Messiah (@JeanMessiha) sur Twitter

Le hic, c’est que d’autres internautes affirment que Mauricette M. a simplement demandé “Ah, il faut faire avec ça ?” en jugeant du regard le matériel de l’infirmière, posé sur un plateau près d’elle. Mais passons l’analyse spatiale de la pièce, elle ne nous servira à rien. Au final, personne ne sait réellement ce qu’a dit la septuagénaire : ni le personnel de l’APHP, ni les journalistes présent.e.s ne peuvent confirmer ses propos.

Le saviez-vous ?

Pour cette première, c’est un “pool” de journalistes qui a capté images, faits et sons pour ensuite pouvoir les exploiter à la télévision, à la radio, dans la presse écrite ou encore en agence de presse. Étaient donc présent.e.s une équipe de tournage de  TF1, un.e journaliste de la presse écrite, une journaliste de France Info et un photographe de l’AFP. Charge à eux de diffuser ensuite leurs prises à la profession pour que toutes les rédactions puissent couvrir le fait d’actualité. 

Ce que l’on peut vérifier, par contre, c’est si Mauricette M. a effectivement donné son consentement pour être vaccinée. Interrogé par FranceInfo, l’APHP confirme qu’il y a eu « un recueil initial de son intention de vaccination« , puis « une consultation prévaccinale » au cours de laquelle “Mauricette M. a rappelé à l’équipe médicale qui la suit au quotidien sa décision et sa volonté de se faire vacciner« . Une information confirmée par les journalistes présents, à qui l’infirmière a confié avant la vaccination que “le consentement [avait] été fait. La prescription est faite. J’ai vérifié ce matin. Tout est OK.« . Et toc.

Comme un air de déjà-vu…

Première mondiale, le Royaume-Uni a quant à lui lancé sa campagne de vaccination dès le 8 décembre dernier. Margaret Keenan, 90 ans, a ainsi été la première patiente au monde à recevoir le vaccin développé par Pfizer-BioNTech. Mais comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, ce fait d’actualité a rapidement été suivi par des théories complotistes plus ou moins déconnectées de la réalité. En tête ? Le prétendu décès de la nonagénaire quelques heures après sa vaccination.

Au choix, Margaret Keenan pourrait être une actrice engagée pour simuler la vaccination, ou bien être décédée en 2008, voire même avoir déjà été vaccinée aux États-Unis : la liste est longue, mais RTL en propose un résumé assez sympathique. Selon une porte-parole du service de santé public (NHS, ndlr) anglais interrogée par l’AFP, la rumeur voulant que la nonagénaire soit décédée quelques heures après l’injection est “absolument fausse”. Mais des théories complotistes, diffusées notamment sur Facebook, arguent que la BBC aurait elle-même annoncé le décès, avant de se raviser. Là encore, c’est faux : un employé du groupe télévisé britannique a confirmé à l’agence de presse que le média n’avait “ni publié, ni supprimé d’article à ce sujet”.

Comme on dit dans les jeux vidéos, try again.

Publié par Quentin-Mathéo PIHOUR

Étudiant en journalisme à l'IUT de Lannion, fondateur d'All In. et rédacteur pour le média urbain 1863

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