Édito | Merci aux messies de la French Touch

Nous vous invitons fortement à lancer la lecture du morceau présenté ci-dessous pour découvrir cet article. Bonne lecture !

Veridis Quo – Daft Punk

Oui, on est en retard, mais c’est dur d’être un fan en 2021. Ne me demandez pas où j’ai puisé l’inspiration pour cette phrase, toute ressemblance avec un pseudo discours présidentiel est purement fortuite.

C’était déjà dur de grandir en tant que fan, de voir certains artistes que j’admirais disparaître, arrêter leur carrière, ou se séparer. Dans le cas des Daft Punk, c’est différent. Mais pour raconter brièvement cette histoire, il est nécessaire de revenir au début.

J’étais tout gamin quand j’ai entendu pour la première fois Harder, Better, Faster, Stronger dans le bureau de mon père, qui travaillait souvent en musique. Rieur, il s’amusait avec une application sur un téléphone HTC à clapet coulissant (oui, oui), qui permettait de recréer les sons du duo iconique. Je ne connaissais pas grand-chose à la musique à cette époque, mais cette expérience a sûrement marqué l’idée que je me fais de la culture musicale. C’est peut-être aussi ce qui m’a poussé à découvrir de nouveaux genres, de nouveaux artistes et de nouveaux morceaux. Dès le départ, les sonorités électroniques m’avaient séduit, et j’avais écouté d’une traite leur album issu de la tournée Alive en 2007.

L’un des shows du duo électronique pour la tournée Alive 2007 – Crédits : arcti1 (YouTube)

On pourrait qualifier les Daft Punk de monument de la French Touch à l’international, de figures de proue du soft power français, et j’en passe. En tant que fan, le groupe me paraissait immuable. Ayant grandi avec leurs sons, j’avais suivi leurs albums et collaborations dès qu’ils paraissaient. Certes, je n’appréciais pas forcément l’ensemble de leurs productions, mais je chérissais certains de leurs projets, à l’image de la B.O. du film TRON. Qui aurait cru que le duo français n’était pas éternel, qu’il n’allait pas perdurer jusqu’à la disparition de ses membres ?

Je passerai sous silence l’attente d’un nouvel album, ou encore la recherche de signes cachés dans les clips ou les rares bribes d’informations à leur sujet. En 2020, Has It Leaked ? prétendait dans un post Facebook que les deux français étaient en studio et préparaient un nouvel album, attendu la même année. Le message avait été suivi quelques jours plus tard par de pseudo-documents de la maison de disques du groupe, attestant à priori de la sortie prochaine d’un album. Las, le magazine Tsugi révélait dans un article que l’information était sans doute fausse, après avoir tenté de la vérifier auprès de plusieurs sources.

Des fuites, des murmures donc, mais aucun nouveau projet à l’horizon. Les collaborations avec The Weeknd laissaient présager de bonnes choses, mais elles n’auront finalement pas abouti. Et je pense ne pas être le seul à voir le groupe se séparer en n’ayant pas sorti un dernier projet exclusif, sans collaboration aucune.

Avec la publication de l’énigmatique vidéo « Épilogue » et l’annonce de leur séparation, ces images du duo casqué prennent une dimension toute autre que lors de la première diffusion d’ Electroma, le film dont elles sont tirées. En 7 minutes et 57 secondes, c’est tout un univers qui semble partir en poussière, parsemé de vagues espoirs. Dans une sorte de Ok Corral revisité sans dialogues, l’un des deux membres du groupe pose une bombe sur son acolyte, avant de le regarder exploser, puis de partir au loin. La scène laisse perplexe, mais c’est un fait : Daft Punk, c’est terminé.

Epilogue, dernier épisode de la saga Daft Punk – Crédits Daft Punk (YouTube)

Mais les Daft Punk, ça aura aussi été des heures passées à écouter en boucle Around the World pendant les soirées (-et les festivals !-), à faire passer Robot Rock à fond dans la voiture, en criant avec des amis. Mais aussi des moments de détente, passés à écouter les morceaux, pour certains plus calmes, de Random Access Memories, le dernier album du groupe. Je me vois mal leur lancer un « Salut mon pote ! » à la Michel Drucker, mais les larmes et la voix tremblotante y sont.

Je me contenterai donc d’un « Merci » absolument sincère ; merci d’avoir fait briller la French Touch, merci de faire partie de la culture musicale française, merci d’avoir fait rêver des générations d’auditeurs·ices, merci pour tout.

Publié par Quentin-Mathéo PIHOUR

Étudiant en journalisme à l'IUT de Lannion, fondateur d'All In. et rédacteur pour le média urbain 1863

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