Mini-révolution pour la NCAA : les universitaires peuvent enfin toucher le pactole

C’était une annonce attendue depuis de longues années : aujourd’hui, le contrat est signé. Les joueurs des universités américaines ont désormais le droit de passer des accords commerciaux, pour profiter financièrement de leur image et de leurs droits. Une réelle avancée pour les universitaires, trop longtemps exploités par la ligue américaine.

Cela fait plusieurs dizaines d’années que la demande existait. Depuis le développement de la NCAA (la National Collegiate Athletic Association, le championnat américain réunissant un grand nombre d’universités aux États-Unis, NDLR), les droits des joueurs ont toujours été une question centrale. Jusqu’à présent, la Ligue et les universités étaient les seuls bénéficiaires des retombées financières dues au talent et à l’excitation générés par ces jeunes joueurs. Aux Etats-Unis, c’est bien simple : les universitaires sont traditionnellement les sportifs les plus suivis. On ne compte ainsi plus les années où le Final Four (tournoi final de la NCAA) est plus suivi que les Playoffs NBA. La jeunesse au-dessus des adultes, les amateurs au-dessus des professionnels ; une longue tradition aux USA.

Pourtant, au fil des ans, la question de la rémunération des joueurs universitaires s’est souvent posée. Avec les revenus qu’ils sont capable de générer tout au long de l’année, pourquoi ne retireraient-ils rien de cet immense flux ? L’intégralité des profits revenait en effet aux universités et à la NCAA; les protagonistes n’avaient quant à eux aucune chance de voir la moindre trace de billets verts. Une injustice donc, mais aussi une peur pour l’avenir. Les histoires de phénomènes universitaires s’étant blessés, ou n’ayant pas réussi à hausser le niveau pour accéder à la NBA se comptent par milliers. Pourtant, on parle ici de joueurs ayant fait fonctionner le système en donnant absolument tout… Pour au final repartir sans n’avoir jamais pu profiter du moindre bénéfice après de nombreux sacrifices.

Heureusement pour eux et pour tous les fans de NCAA, une avancée majeure vient de se produire, et c’est tout le monde universitaire qui s’en réjouit. C’est par le biais de Shams Charania, journaliste pour The Athletic, que nous l’avons appris le 30 juin dernier, dans la soirée.

« La NCAA déclare que les athlètes pourront bénéficier de leurs noms, images et apparences à partir de jeudi »

Ces quelques mots viennent de changer diamétralement l’histoire du sport universitaire. Ils signifient en effet que les joueurs vont pouvoir être rémunérés directement grâce à leur image, que ce soit dans des camps basket organisés, grâce à des séances d’orthographe, ou tout simplement via des contrats de publicité. Seule contrainte, le nom ou le logo de l’université dans laquelle évolue le joueur ne peut aucunement être intégré. Une contrainte bien infime, quand on sait à quel point les noms des joueurs sont parfois plus célèbres que ceux de leurs équipes. Jalen Suggs, Evan Mobley, Cade Cunningham ; ces noms ne vous disent probablement rien… Mais aux oreilles de n’importe quel américain ayant accès à une chaîne de sport, ils sont aussi familiers que ceux de Kylian Mbappé ou Karim Benzema en France.

Un changement important pour la NCAA, mais surtout essentiel alors que la ligue commence à perdre ses plus grands talents. Depuis quelques années, on remarque que les jeunes prometteurs perfectionnent leurs compétences dans les ligues internationales (la Lamelo Ball en Australie) ou en G-League (sorte de « division 2 » en NBA). Plus que leur simple disparition des programmes universitaires, le fait de pouvoir désormais monétiser leur image va peut-être voir enfin retenir les étudiants à l’école.

Lamelo Ball avec les Illawara Hawks (Photo by Anthony Au-Yeung/Getty Images)

Depuis une vingtaine d’années, et l’arrivée en NBA de joueurs comme Kevin Garnett ou Kobe Bryant – directement arrivés après le lycée -, les stars arrivent de plus en plus jeunes dans la grande ligue. A tel point que la direction a décidé de mettre en place au début des années 2000 un règlement obligeant les joueurs a réaliser au moins une année en université avant de pouvoir être drafté (recruté, NDLR) par une équipe NBA. Las, on ne compte plus le nombre de première année filant ensuite en NBA ; c’est même devenu la norme. Il est aujourd’hui rare de croiser un athlète ayant fait son cursus complet, c’est-à-dire sur une durée de 4 ans.

Entre évolution logique et nécessaire, la NCAA essaie enfin de se renouveler. Une direction que se devait de prendre la Ligue universitaire, à la fois dans le respect de ses joueurs et pour éviter de les voir partir ailleurs. Un petit pas pour les dirigeants, un pas immense pour les jeunes.

Cade Cunningham, joueur le plus prometteur de toute la NCAA (Basket USA)

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